•  Jeunesse et apprentissage d'Honoré Daumier.images drôles

     

    Honoré a le goût du dessin depuis sa plus tendre enfance. En 1820, il a à peine douze ans quand il est employé chez un huissier. Il est saute-ruisseau (petit clerc chargé des courses dans une étude). Mais ce travaille ne lui plaît pas et il se lace très vite. Il préfère dessiner les gens, dans la rue, à la sortie du théâtre ou encore chez les commerçants.
    En 1820, il est commis chez Delaunnay, un libraire-éditeur au Palais Royale. Il profite des loisirs qui lui restent pour apprendre le dessin. Son père Jean-Baptiste, déçu par ses échecs, ne souhaite pas que son fils devienne artiste. Il est bien placé pour savoir que ce métier n'est pas toujours payant et qu'il peut mener à la misère. Mais Honoré s'entête et dessine en cachette.
    Sur les conseils d'Alexandre Lenoir, son ami, à qui il avait dédier l'une de ses poésies, Jean-Baptiste cède. Il faut dire que Alexandre Lenoir n'est pas n'importe qui. Il est un ancien élève de David et le célèbre fondateur du Musée des Monuments de France. Honoré peut enfin dessiner sans se cacher.
    Alexandre Lenoir lui donne enfin ses premières leçons de peinture
    Honoré fréquente le Louvre où il peut admirer les oeuvres de Rembrandt, de Titien et la sculpture antique. Cette à cette époque qu'il rencontre Charles Ramelet, peintre de genre qui l'initie à la lithographie. Honoré dessine des alphabets et des ornements. Ses modestes débuts lui permettent de vivre.
    La première planche connue de Daumier est éditée par Godefroy Engelmann en 1822.
    Toujours sur les conseils d'Alexandre Lenoir, Honoré fréquente l'Académie de dessin, tenue par Boudin et fondée par Suisse, un ancien modèle qui se trouve dans la rue saint-Denis.
    Le 29 mai 1825 Charles X succèdent son frère Louis XVIII, mort en septembre 1824. Il est sacré roi de France à Reims.
    Daumier travaille sur l'étude du corps humain. C'est à l'Académie de dessin qu'il fait la connaissance de plusieurs artistes dont Auguste Préault qui dit-on le poussa à la sculpture, et de Jeanron, peintre populaire, qui le protégera pendant les années les plus dures.
    Tout en travaillant chez Ricourt, il complète son apprentissage de lithographe chez le marseillais Béliard pour qui il prépare anonymement des planches, des portraits de célébrités, ce qui lui vaut de collaborer vers 1829-1830 à la "Silhouette" un des premiers journaux de caricatures né en 1829. Ce journal s'en prenait aux figures du pouvoir et en particulier à Charles X.
    Honoré débute, enfin, dans le journalisme.

    Pour bien comprendre la situation dans laquelle se trouvent les journalistes, il nous faut faire un rappel historique sous les révolutions de 1830 et de 1848.
    En effet Charles X est renversé par la Révolution de 1830. Le 26 juillet, la Chambre, non encore réunie, modifie la Charte et supprime la Liberté de la presse, la publication des ordonnances provoque trois jours d'émeutes populaires (Les trois Glorieuses) et l'abdication de Charles X le 2 août.
    Louis -Philippe 1er, roi des français (Monarchie de juillet) de 1830 à 1848. Exilé, gagné aux idées libérales et bourgeoise, il rentre en France sous Louis XVIII et est proclamé roi des français à l'issue de la révolution de 1830. Il doit fait face à l'opposition des royalistes conservateurs et à celles des bonapartiste. Ayant renvoyé Thiers, il appelle Guizot qui  durant huit ans est le maître de la France. La crise économique et financière favorisent l'opposition libérale et rendent le roi impopulaire. la Révolution de 1848 le conduit à abdiquer et il se réfugie en Angleterre.

    Les débuts de caricaturiste d'Honoré Daumier chez Charles Philippon en 1830.
    Il accomplit ses débuts de caricaturistes chez un patron remarquable, Charles Philippon qui est vraiment un directeur de  polémique endiablé. C'est en 1830 que Charles Philippon fonde "La Caricature" un journal d'opposition littéraire et artistique qui vaudra à Honoré Daumier en 1832, six mois de prison pour un planche intitulée "Gargantua".

    Dans la "Caricature" du 30 août 1832, un article sur son arrestation paraît " Au moment où nous écrivons ces lignes, on arrêtait sous les yeux de son père et de sa mère, dont il était le seul soutien; M. Daumier condamné à six mois de prison, pour la caricature de Gargantua"
    Cette caricature sen prend directement au roi Louis-Philippe qui est la proie préférée des caricaturistes.
    Honoré purge sa peine à sainte-Pélagie où il occupe son temps à composer une suite d'aquarelle, "L'Imagination" signé Rogelin et lithographié par un autre. Il sort de prison à la fin du mois de janvier 1833, il n'est plus le même homme, il a mûri.
    Avril 1834, au n°12 de la rue Transnonain un drame se déroule, les habitants sont massacrés. Daumier qui a soif de vengeance dessine ce drame avec tout son coeur.

     

     

    La rue Transnonain" est gravé sans attendre que la passion de daumier soit refroidie. Cette lithographie, criante de vérité, intitulée " Rue Transnonain, le 15 avril 1834" ne paraît pas dans la "caricature"proprement dit, mais dans le supplément que Philippon décide de publier sous le nom "d'Association mensuelle lithographe."

    A partir de ce jour Daumier est populaire Philippon lui fait porter, chaque semaine, de quatre à huit pierres numérotées.
    Le 27 août 1835, Charles Philippon annonce à ses abonnés la disparition de
    la "Caricature". Elle en était à son 251ème numéro. Honoré se consacre exclusivement au "Charivari", une autre feuille satirique, fondée en 1832.
    En 1846, il s'installe au 9 quai d'Anjou près de l'hôtel Pimodan et se lie avec Corot, Delacroix, Jules Dupré, Daubigny, Boulard, Triboulet, Lavieille, Geauffroy-Dechaunme, Steinheil, Barye. Le logement de Daumier est modeste, mais au dessus se trouve un grenier qui n'intéresse personne, et encore moins le propriétaire. Daumier en fait un atelier magnifique.


    1818-1852 : Seconde République.
    Entre 1845 et 1848 le "Charivari" publie la série "des Gens de justices" et les Lavis, peinture et aquarelles du même sujet.
    En 1848, Honoré a un enfant naturel qui vit peu de temps. Il épouse Marie-Alexandrine Dassy, une petite couturière âgée de vingt-quatre ans surnommée Didine. Leur union est heureuse, sans histoire. Honoré travaille beaucoup pour faire vivre son ménage. Alexandrine laisse toute liberté à son mari. Honoré accueille avec enthousiasme la révolution. Le peintre Boissard de Boisdenier lui fait connaître le tout Paris, dont Beaudelaire. Honoré consacre plus de temps à la peinture.
    "Meunier, son fils et l'âne" et  "le Cycle des émigrants" deux tableaux religieux. Des chefs d'oeuvres en sculpture dont "Ratapoil", des séries de lithographies les "Divorceuses", et les "Gens de Justices".


    1852-1870 : Deuxième Empire.
    Dans la période de 1853 à 1856 Daumier séjourne à Valmondois où il se lie avec des peintres de Barbizon : Millet, Théodore Rousseau et toujours Corot qui traverse périodiquement les mêmes difficultés financières que lui. Cette à cette époque que Beaudelaire fait dans un article l'éloge de Daumier lithographe, mais passe sous silence ses talents de peintre.
    1857 à 1856.
    Honoré subit une crise tant physique que morale. Il est malade. Il peint moins et ses lithographies sont moins appréciées au "Charivari" qui le remercie en 1860. C'est plus tard, à la demande de lecteurs et d'amis que Daumier sera réintégré. Les années 1859-1860 sont consacrées à l'étude des thèmes de peinture.
    Les "Blanchisseuses", le " Voyage en chemin de fer".
    Il s'installe Boulevard Rochechouard, puis dans la rue des Abesses et enfin au 36 boulevard de Clichy. A la belle saison il séjourne à Valmondois chez son ami Théodore Rousseau.

    Ses lithographies sont orientées vers les mêmes thèmes et mêmes recherches que ses oeuvres peintes. Durant ces années il représente des amateurs d'art, des gens de théâtre, des musiciens, des ambulants. A partir de 1867, il travaille sur les "Don Quichotte", illustrant les  textes de Cervantès.


    Dans les années 1868 à 1879 Honoré voit ses amis disparaître, Théodore Rousseau, Beaudelaire, lui même est très inquiet sur l'état de ses yeux. Il est obligé de déménager, il n'a pas un sou de coté et son propriétaire le menace de le mettre à la rue. C'est alors que Corot lui adresses ce courrier :
    "Javais à Valmondois une maisonnette dont je ne sais quoi faire. Il m'est venu l'idée de te l'offrir. Ce n'est pas pour toi que je fais ça, c'est pour embêter ton propriétaire."

                                                                        
    La guerre, que Daumier a prévu, lui inspire des lithographies. L'affiche qu'il exécute pour le charbon d'Ivry est une de ses dernières oeuvres, car à partir de 1873 sa vue est trop faible pour travailler. En 1870; il refuse pour la seconde fois la Légion d'Honneur. IL vit d'une modeste pension versée par l'Etat car si l'exposition organisée chez Durand-Ruel provoque une critique favorable elle se solde par un piètre résultat financier.
    Très lucide, Honoré, devenu aveugle, meurt d'une attaque d'apoplexie le 11 févier 1879. Mort à 71ans, il a connu trois Révolutions, mais durant toute sa vie, il sera rester du coté des vaincus.
    Daumier avait réclamer des obsèques civiles. Le curé de Valmondois en prit acte. L'enterrement devait avoir lieu aux frais de l'Etat. Les funérailles de Daumier coûtèrent à la France douze francs. Selon les voeux qu'il avait exprimé, le 16 avril 1880, son corps fut transporté au Père-Lachaise, près de la tombe de ses amis Corot et Daubigny. La mort même ne pouvait séparer ces trois grands amis.
    La commune de Valmondois, consciente de ce qu'elle devait à la mémoire de Honoré Daumier, fit ériger, le 5 août 1900, un buste en marbre signé de Geoffroy-Dechaume, sur la place de la mairie.

     

    Si vous souhaiter consulter quelques lithographies de Daumier,voir : http://wwwcano.lagravure.com/2daumier_lithos.htm 

    ou encore :

    http://www.umt.edu/partv/famus/print/daumier/49-001.htm 

    http://www.v2asp.paris.fr/musees/balzac/collections/dessins_furne/daumier.htm

    Pour voir les bustes : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/bustes-daumier.asp

    Différents sites sur Daumier : http://www.gueules-d-humour.com/new/evenements/daumier/daumier_p1.shtm

    http://www.daumier.org/23.0.html    http://www.marillier.nom.fr/collodions/humDaumierMenu.html

    http://webperso.easyconnect.fr/baillement/lettres/daumier.html

    http://perso.wanadoo.fr/carrefour-des-arts/p_daumier.html

     http://www.regards.fr/archives/1999/199912/199912cre05.html

    http://www.clickoblog.com/p576ffbf8353dc0e3ba3d4bdb9a82a612
    http://www.museedufumeur.net/expo-4.html

    http://www.v1.paris.fr/musees/Balzac/collections/dessins_furne/dessins/daumier/04.htm

    http://www.bnpparibas.com/fr/actualite/mecenat.asp?Code=NAID-6CHHG3

    http://www.musee-soissons.org/musee/article.php3?id_article=82

    http://www.clickoblog.com/ad64d206fdc00e70183de9e7af51cfb00
     

     

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  • La liberté de la presse

    Le 26 août 1789

    l'Assemblée nationale décrète en principe la liberté de la presse. Avant cette loi, aucun ouvrage ne pouvait paraître sans l'approbation du roi et l'examen des livres était confié à des censeurs du roi.

    Le 17 mars 1791

    Chacun peut exercer la profession d'imprimeur.

    Le 14 septembre 1791

    La constitution déclare que la libre communication des pensées et des opinions fait partie des droits naturels et imprescriptibles de l'homme ; elle garantie à tous les français la liberté de parler, d'écrire, d'imprimer et de publier leurs pensées sans que les écrits puissent être soumis à aucune censure ni inspection avant la publication.

    le 22 août 1795

    La constitution directoriale consacre de nouveau ces principes.

    le 5 septembre 1797

    (Lendemain du coup d'Etat du 18 fructidor.)

    Les feuilles périodiques sont mises, pour un an, sous l'inspection de la police qui, pourra les prohiber. La loi du 26 août suivant ajoute une année.

    le 30 septembre 1797

    Les publications périodiques sont assujetties à l'impôt du timbre, à l'exeption de celles relatives aux Sciences et aux Arts, ne paraissant qu'une fois par mois, et contenant deux feuilles d'impression au moins.

    En un sens, cet impôt est contraire au principe de la liberté de la presse ; le prix des publications a diminué par la suite et la propagation de la parole a été proportionnellement restreinte.

    le 1er août 1799

    La liberté est rendue aux journaux.

    17 janvier 1800

    Le 18 mai 1804

    Aux termes de l'article 64 du sénatusconsulte qui constitue l'Empire, une commission de 7 membres nommée par le Sénat et choisie dans son sein, est chargée de veiller à la liberté de la presse..

    Le 5 février 1810

    Napoléon

    "Il n'existe point de censure en France. Nous retomberions dans une étrange situation si un simple commis s'arrogeait le droit d'empêcher l'impression d'un livre, ou de forcer un auteur à en retrancher ou à y ajouter quelque chose. La liberté de la pensée est la première conquête du siècle ; l'empereur veut qu'elle soit respecter."

    Le décret de 1810 statue en outre que les imprimeurs seront breuvetés et assermentés, et qu'à dater du 1er janvier suivant, le nombre des imprimeurs sera fixé dans chaque départementen ce qui concerne Paris le nombre sera fixé à 60.

    Le 21 octobre 1814

    Rétablissement de la censure pour les écrits de 20 feuilles . Interdiction des journaux et écrits périodiques non autorisés par le roi.

    Faculté accordée au gouvernement (art. 12 de la loi) de retirer le brevet à l'imprimeur qui aurait subi une seule condamnation pour contravention aux règlements.

    24 mars 1815

    Napoléon

    Le 22 avril 1815

    L'acte additionnel aux constitutions de l'Empire applique le jury aux jugements en matière de presse. Cette garantie, détruite par le second retour de Louis XVII, aété reconquise en 1830

    le 20 juillet 1815

    Louis XVIII remet en vigueur la plupart des dispositions de la loi de 1814, notamment celles relatives aux journaux. Cette violation de la Charte avait ouvert la série des lois d'exeption qui furent faites depuis la rentrée des Bourbons jusqu'en 1830.

    le 18 juillet 1828

    Les journaux sont assujettis à un cautionnement.

    , à son retour de l'île d'Elbe, supprime la censure.
    , un mois après ses fiançailles avec une archiduchesse d'Autriche, rétablit la censure pour toute les productions de la presse. Quelques semaines après la victoire d'Austerlitz, le 22 janvier 1806, il fait imprimer dans le Moniteur :

    Le 19ème siècle commence par un coup d'Etat : les consuls, de leur propre autorité, suppriment tous les journaux imprimés à Paris, à l'exeption de 13, parmi lesquels on remarque le Journal des débats, et se réservent même le droit de supprimer les feuilles conservées. L'une de celles-ci l'Ami des lois, fut supprimée peu de temps après n'avoir pas parler de l'Institut avec la décence convenable.

    Depuis 1800 et jusqu'en 1814, la liberté ne fut pas rendue aux journaux

    9 et 14 août 1830

    Le 9 et 14 août 1830

    La Charte émanée des Chambres et jurée par Louis-Philippe porte que la censure ne pourra jamais être rétablie :

    "Les citoyens ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions en se conformant aux lois. La censure ne pourra jamais être rétablie."

    Discours établie par Benjamin Constant à la tribune des députés le 9 août 1828 : "Létat légal de la presse est que nul ne peut exercer la profession d'imprimeur et de libraire sans des brevets révocable à volonté ; je dis à volonté, car, par l'article 12 de la loi du 21 octobre 1814, le brevet peut être retiré à tout imprimeur ou libraire, convaincu, par un jugement de contravention aux règlements ; et ce n'est pas le jugement qui doit prononcer le retrait du brevet, c'est l'autorité après un jugement quelconque pour la contravention la plus lègère. Vouloir la liberté de la presse avec ces dispositions, c'est vouloir naviguer sans vaisseau, labourrer sans charrue."

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